Sur les routes du sacré


9 mois solo en fourgon aménagé
25.000 km
107 lieux sacrés

Ce livre est l’histoire d’un pèlerinage sur les routes du bassin méditerranéen. À bord de mon fourgon Elio, j’ai sillonné les côtes, traversé les montagnes et exploré des îles, de la Sardaigne à la Sicile, jusqu’à la Crête. Il est le témoignage d’un périple fondateur.

Le récit est traversé par une recherche spirituelle personnelle où l’expérience sensible, la culture des lieux, l’histoire et la réflexion symbolique s’éclairent mutuellement.

Pour partager cette expérience, je l’ai imaginé avec de multiples entrées : textes, dessins, photographies, réflexions et carnets de bord. On peut le lire de A à Z, ouvrir un chapitre au hasard ou simplement le poser sur une table, car un livre est aussi une présence.

Pour le découvrir, je vous propose de parcourir avec moi les huit parties qui le composent.


Sous la forme d’un roman graphique (BD), cette première partie raconte les débuts de l’aventure, les rencontres, les imprévus et les petits événements du quotidien qui ont jalonné ces neuf mois sur les routes.


L’appel intérieur

À l’origine de ce voyage, il y a eu quelque chose, dans la profondeur de mon être, voulant se souvenir. Se souvenir de ce que les livres ne disent pas, de ce que les siècles ont recouvert, de ce que nos cultures ont oublié.

En allant sur les sites naturels et archéologiques, je contemple les traces du passé qui demeurent et révèlent une infime partie de ce qui a été. Un témoignage de civilisations qui ne sont plus et que l’on ne comprend que partiellement. J’écoute une mémoire ancienne qui vit dans les plis du monde. Une mémoire qui ne s’apprend pas, mais se reconnaît. Une mémoire présente partout où la conscience s’éveille, quand le regard se transforme et que le cœur consent, l’espace d’un instant, à s’ouvrir.


Entrer dans le sacré

Quand j’ai commencé à choisir les lieux où je me rendrais, j’ai été fascinée de découvrir qu’il existait des cartographies de lieux sacrés, formant un maillage sur la surface du monde.

Chacun d’entre nous a sans doute son expérience du sacré. Cette partie parle d’une rencontre. Entre silence et présence, je m’éveille à percevoir le sacré en toute chose.

Je découvre un sacré vécu, plus intime et sans intermédiaire. Un sacré qui ne se situe pas en dehors du monde, mais qui se révèle dans la relation que nous entretenons avec lui. Il nous porte et nous permet de retisser les liens qui nous unissent à la Terre et au Ciel.


Le chemin du pèlerin

Depuis la nuit des temps, l’humain cherche à faire l’expérience de la spiritualité. Alors, il se met en route : sur les grands chemins de pèlerinage, au cœur de rituels et d’initiations, comme au temps de la Grèce antique ; ou encore dans le silence des monastères, en choisissant le retrait et la contemplation.

Dans ces espaces de retrait, la quête spirituelle se confronte parfois à l’austérité, à la solitude et aux paradoxes des institutions, oscillant entre refuge, exigence et enfermement.

Chaque chemin est unique. Ce qui compte est le mouvement lui-même — celui de la marche, de la prière, de l’attention.

C’est ainsi que, dans mon propre pèlerinage autour du bassin méditerranéen, j’ai laissé ce mouvement ancestral me traverser. Le simple fait d’être sur la route, d’entrer dans des sanctuaires et des sites sacrés de différents pays, de m’asseoir dans des cloîtres, devenait une manière de renouer avec ce fil invisible qui unit l’homme et le divin.


Le mystère du passage

J’ai traversé les nécropoles sardes et les tombes des Géants, l’hypogée de Ħal Saflieni à Malte, Mycènes, Ravenne, Pompéi et Herculanum, portée par une même question : comment les anciennes civilisations ont-elles donné sens à la mort, au passage et à l’au-delà ?

Il est difficile d’imaginer comment pensaient les hommes qui ont vécu il y a des milliers d’années. Mais on peut regarder leurs maisons des morts afin de sentir ce qu’elles réveillent en nous.

Dans la pierre est inscrite une sagesse ancienne. Ces architectures sont à la fois lieu, symbole et expérience. Elles racontent une histoire de gestation et de passage vers un ordre plus vaste. Ici, la mort n’apparaît pas comme une fin absolue, mais comme une frontière. Et cette manière de la percevoir éclaire autrement la vie elle-même.


Après avoir interrogé le mystère du passage, le regard se tourne vers les cathédrales.

De Tomar à Batalha, de la Sagrada Família à San Vitale, Padoue ou Milan, je découvre des lieux qui portent le langage singulier des anciens bâtisseurs. Un langage vibrant, de pierre et de lumière, conçu pour transformer celui qui traverse ces espaces.
Ces architectures se ressentent autant qu’elles se regardent. Elles sont des voies d’enseignement silencieux, l’héritage d’une sagesse initiatique. Mais surtout, elles nous invitent à construire notre temple intérieur, à ériger en nous un espace de silence et de beauté où le divin peut se révéler.


L’autre visage du sacré

La rencontre avec la spiritualité de l’Orient chrétien marque une étape décisive de mon pèlerinage.

Dans l’intimité des monastères grecs, sous l’or des mosaïques de Sicile et devant les fresques vibrantes des Balkans, l’expérience se vit dans une immersion sensorielle faite de silence, de parfum d’encens et de pénombre.

C’est dans le face-à-face avec l’icône que j’ai senti le dialogue avec le divin. La contemplation est devenue le terreau de petites révélations intérieures. Des éclairages infimes qui pourtant changent tout.

L’art sacré n’est pas une œuvre que l’on regarde de l’extérieur. Il est une présence qui nous traverse, nous pétrit et nous transforme.


Enfin, comme un retour à l’essentiel, le voyage s’achève auprès de l’eau.

Sources, puits sacrés, baptistères, lieux de guérison et de renaissance rappellent que le sacré se révèle aussi dans la simplicité du vivant. Une qualité de présence au monde et à soi-même qui nous relie, à chaque instant, à la Source.