Le temps du confinement

Une année 2020 hors norme et remplie de défis individuels et collectifs

En guise de préambule : un article dans un blog est un billet d’humeur, subjectif, non exhaustif. Il raconte une expérience personnelle et ne ressemble en rien à une analyse approfondie cherchant à retracer la complexité de la réalité. J’ai écris d’un seul trait cet article sur le confinement, dans le simple élan de partager mon vécu autour de ces mois si particuliers qui ont marqué notre année 2020.

Le Confinement à la recherche d'un équilibre - Blog QIGONG MEDITATION VALENCE
Le temps du confinement, à la recherche d’un équilibre

A la recherche d’un équilibre

J’ai aimé le premier confinement

Je l’ai vécu avec la même énergie qu’une retraite, dans l’émerveillement du silence tout autour de moi, ou plutôt du silence du bruit des humains, car les sons du vent, des feuilles, des oiseaux, de tout le vivant qui nous entoure, était lui, bien présent et enfin entendu.

La vie urbaine s’est tue, mais celle de la nature s’est réveillée.

J’ai aimé ne plus entendre le téléphone sonner.

J’ai aimé ne plus avoir d’horaires imposés par une organisation extérieure, sociétale ou autre. J’ai travaillé tout autant, même plus, mais différemment, dans un respect et une écoute de mes rythmes.

J’ai aimé avoir une pause dans les interactions sociales. J’adore mon métier, mais il est « plein » et le vide m’a fait du bien.

Ce premier confinement, je l’ai vécu dans une introspection propice à la création. Ce temps unique fut, pour moi, précieux.

J’ai conscience de la chance que j’ai, de ne pas avoir connu le drame de la maladie et ses conséquences tragiques pour tant de familles. Chaque soir, je me reliais aux souffrances du monde, au travers des informations ou dans les intentions que je portais aux malades. Dans le même élan, je me sentais reliée à la gratitude et à la joie. Comme les deux faces d’une même médaille.

Et ensuite ?

Il a fallu assumer dans les mois qui ont suivi, la reconstruction. Plus difficile pour les indépendants et les toutes petites entreprises qui, l’oublie t-on souvent, font la vraie richesse de notre économie en France. Il a fallu insuffler un souffle nouveau dans la reprise d’activité, redonner de l’élan, rassurer aussi les personnes qui courageusement s’inscrivaient à des cours, avec cette phrase murmurée du bout des lèvres : « et s’il y avait une seconde vague ? »

Je suis restée, à chaque fois, très optimiste et centrée sur le présent. « Quand il y aura une seconde vague, alors on s’adaptera. Nous trouverons une solution pour les cours et pour rester en lien ».

Peut-être était-ce du déni ?

Quand la seconde vague est arrivée, avec son cortège de chiffres et de situations à nouveau dramatiques, j’y croyais à peine. Comment avions-nous glissé si vite dans cette rechute ?

Se confiner, encore

Je suis entrée dans le second confinement dans un tout autre état d’esprit, plus proche de la résistance que de l’acceptation. Il n’était pas temps de revenir dans cet espace d’introspection, de couper tous les élans et les impulsions données.

Il se trouve que c’est aussi cela la vie, les choses nous arrivent quand nous ne sommes pas toujours prêts.

Et j’ai mesuré à quel point ma résistance face à l’expérience m’a amenée dans toute la 1ère moitié de ce deuxième confinement, à rencontrer du stress, de la colère, divers maux du corps, des inquiétudes aussi, liées à la précarité financière générée par ce nouvel arrêt.

Je n’ai pas eu envie de me glisser dans un temps de retraite. À l’extérieur, je voyais toute cette souplesse dans les déplacements, les métiers autorisés, l’injonction à continuer à travailler comme si de rien n’était, sauf pour quelques professions.

J’ai joué le jeu du « on reste chez soi » mais quand je sortais faire des courses, je voyais à demie sidérée tout autant de voitures et d’embouteillages.

J’ai ressenti de la confusion et de la colère face à ce que j’ai perçu comme des aberrations. On peut faire cela, mais pas cela ? Le bâton de la punition a remplacé le bon sens ou la responsabilité individuelle.

Chacun sa vision

Chez les experts, plusieurs discours, des informations parfois contradictoires et surtout la sensation que chacun vivait sa propre réalité, en allant trouver à l’extérieur des éléments qui venaient confirmer ce qu’il pensait.

C’est étonnant, comment travers de quelques exemples, émanant d’amis, de proches, d’un article que l’on a lu, ou de ce que l’on a vu à la télé, nous faisons le pas de géant vers la généralisation de cette expérience : « les choses sont ainsi ». Je me suis retrouvée à participer à des conversations basées sur des opinions ou des rumeurs et je me suis sentie mal à l’aise, perdue dans une vaste toile de complexité, de contradictions, d’inconnus.

Il y a ceux qui ont mené leur bataille contre le masque, ceux qui ont continué à vivre comme de rien n’était, ceux qui ont été malades, ceux qui sont morts.  

La vérité de la situation est la somme de l’unicité de chaque expérience. Je mesure avec humilité, à quel point je ne sais rien et à quel point la Covid me désempare.

Je ne peux parler que de mon espace d’expérience, vécue cette fois-ci dans la résistance et les difficultés.

Cette fois ci, je n’étais plus reliée aux malades mais à tous ces femmes et ces hommes dont les professions étaient empêchées. Commerçants, restaurateurs, professionnels dont le corps est un lieu d’expression, musiciens, les acteurs du monde de la nuit, de la fête et du divertissement…

Faire face

Dans ce deuxième confinement, il n’est plus question d’une retraite. Il est question d’isolement, de déstructuration des horaires de travail dans le télétravail, de personnes au chômage partiel ou total, d’entreprises qui mettent la clé sous la porte avec ces petites phrases que l’on voit surgir dans les réseaux sociaux ou sur les vitrines : « nous n’avons pas survécu au deuxième confinement, on solde tout ».

Il est aussi question de violences conjugales ou familiales car nous sommes tendus comme un élastique, fatigués et à cran.

Nous avons tellement pris le pas de la certitude, du contrôle, de la planification de mois ou d’année en avance que nous avons oublié de nous relier au vivant et à l’impermanence.

Je mesure cela en moi aussi, même si mes choix de vie et mon métier m’amènent déjà un bon lot de changements et d’incertitudes, malgré tout, je planifie des cours, des stages, des retraites sur l’année. Je réserve des lieux, verse des arrhes, imprime des flyers. Je projette des rentrées financières.

Alors quand il a fallu, encore, écrire « tous les cours sont annulés », jeter des flyers à peine imprimés et voir le temps des vaches maigres revenir, j’ai ressenti de la frustration et de la colère. Vite rentrée, car il y plus grave (!) et tout aussi vite ressortie dans un urticaire éclair.

Le point de bascule

Et puis, un jour « Sans prévenir, ça arrive » comme disait Barbara « Ça vient de loin »

Joie et confiance

La joie de vivre et la confiance intrinsèque que tout est juste. Le mot « émerveillement » est précisément ce que je ressens tandis que toute la frustration, les inquiétudes, la négativité s’estompe pour faire place à la paix, à l’espace intérieur, à la joie qui se teinte d’un grelot de rires dorés.

Je ne sais pas comment cela tombe, comment l’alchimie opère. A un moment donné, la compréhension intérieure que le temps de la vie, n’est pas le même que celui des hommes et celui que l’on s’impose.

J’entends toujours les pensées de peur de mon cerveau archaïque qui cherche à me protéger et à me ramener dans de la certitude et du contrôle. Mais ces pensées sont contenues dans le champ vaste de ma sagesse intérieure.

Cela ne change pas la situation, mais cela change radicalement le lien que j’avais avec elle.

Je ne sais pas plus, je ne contrôle pas plus. Je perçois toujours les frustrations, les restrictions, les élans créateurs qui ne peuvent pas encore se matérialiser, parce qu’il n’est pas temps.

Mais je ne résiste plus, j’ai confiance et je me sens forte intérieurement.

Le miroir de la crise

Cette crise agit pour chacun d’entre nous à différents niveaux, en nous renvoyant comme un miroir là où nous en sommes.

C’est loin d’être confortable. Cela questionne pour certains plus profondément les choix de métier, de lieu de vie, de couples ou de relations, comment on vit. Lorsque nous n’avons plus le prétexte du travail, que reste-t-il ? Parfois, nous voyons renaître des gestes compensatoires ou des petites addictions que l’on croyait anodines et qui se révèlent avec le stress de cette crise.

La pression exercée par la situation nous colle au mur de nos vies. Dans ce face à face brutal, nous pouvons, encore une fois, fermer les yeux et tourner le dos, mais nous pouvons aussi transformer ce qui fait mal.

Dans l’impossibilité de se projeter, nous pouvons écouter notre intuition, sentir notre sagesse intrinsèque, et découvrir qu’en fait nous avons d’immenses ressources intérieures.
Nous pouvons revenir dans le présent, dans le seul espace où nous sommes pleins et où l’on peut « être », sans se projeter dans le passé ou le futur.
Parfois, il suffit simplement de s’asseoir et boire une tasse de thé, comme si c’était la chose la plus importante que nous pouvions faire, pour goûter un espace de paix et de tranquillité, simplement parce que nous sommes dans le présent et cela suffit ensuite.

Un pas après l’autre

Je ne sais pas comment sera la marche, mais je peux faire juste le prochain pas, dans l’écoute de mes intuitions et dans la confiance que je saurai percevoir les signaux et prendre les bonnes décisions

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